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Le Sbire de Manille (9)

By   /   20 avril 2011  /   No Comments

Le retour à la maison se déroula aussi bien que Le Sbire pouvait l’espérer. Marlowe était légitimement furieux et lui retourna une gifle avant de l’interroger précisément sur ce qui s’était passé. Le principal sujet d’énervement pour Marlowe était l’insistance du Sbire sur l’identité de leur agresseur : aucun doute, il s’agissait bien de Frank. « Je te dis que c’est impossible » répondait Marlowe. « Tu me prends pour un amateur ? J’ai vu le corps de Frank, il n’y a aucun doute, c’était bien lui, il est mort et enterré !! ».
 »L’ombre de Christine planait sur Le Sbire. »

Le retour à la maison se déroula aussi bien que Le Sbire pouvait l’espérer. Marlowe était légitimement furieux et lui retourna une gifle avant de l’interroger précisément sur ce qui s’était passé. Le principal sujet d’énervement pour Marlowe était l’insistance du Sbire sur l’identité de leur agresseur : aucun doute, il s’agissait bien de Frank. « Je te dis que c’est impossible » répondait Marlowe. « Tu me prends pour un amateur ? J’ai vu le corps de Frank, il n’y a aucun doute, c’était bien lui, il est mort et enterré !! ».


L’ombre de Christine planait sur Le Sbire.


Soudain, au milieu d’un torrent de jurons tirés d’au moins cinq langues différentes, Marlowe s’interrompit, fouilla dans son bureau et mit une photo sous le nez du Sbire. « Attends  »un poco », le type qui t’as attaqué, est-ce qu’il ne ressemblait pas plutôt à ça ? » Marlowe montra alors au Sbire une autre photo de Frank, coiffé un peu différemment et portant une chemise hawaiienne. « Mais si, c’était bien lui je vous dis ! »
Avant qu’il ne puisse en dire plus, Marlowe lui colla un taquet derrière l’oreille. « Mais bougre d’imbécile ! Ce n’est pas Frank qui t’as attaqué ! C’est Max, son sosie, cretino ! Il cherche surement à venger la mort de Frank ! » « Mais enfin pourquoi… » voulut demander Le Sbire, mais Marlowe l’interrompit « J’aurais dû m’en douter qu’il n’allait pas en rester là ! Ca fait des années qu’il s’en prend à mes hommes et à mon business, c’est pour ça que je vous avais envoyés tuer son sosie, pour lui faire comprendre qu’il fallait qu’il arrête de se mêler de mes affaires ! ».
- Mais enfin pourquoi ne pas plutôt l’avoir tué lui ? » finit par bredouiller Le Sbire
Marlowe le regarda comme s’il venait d’insulter sa mère en polonais. « Ce n’est pas comme ça qu’on fait aux Philippines ! Ca ne fait pas longtemps que tu es là, tu as encore beaucoup à apprendre ! ».


Le sosie de Frank avait la classe.

Avec un calme qui l’étonnait lui-même, Le Sbire réalisa enfin qu’il était encore tombé chez les fous. C’était presque facile maintenant : il suffisait d’accepter l’inévitable et de se laisser porter par les événements. Marlowe reprit : « Bon, maintenant il n’y a plus une  »minuta » à perdre. J’avais envoyé Nick interroger tous nos contacts pour trouver la planque de Max, va voir s’il est revenu ! » Sans demander son reste, Le Sbire se leva de sa chaise et ouvrit la porte, pour constater que Nick était bien revenu et que d’ailleurs il arrivait en marchant d’un pas pressé, son visage trahissant une colère difficilement contenue. Apparemment il avait dû passer un sale quart d’heure car Le Sbire nota aussi plusieurs bleus et une large trace noire barrant son costume en alpaga du Mali.


Nick avait vraiment l’air d’en avoir bavé.

Voyant cela, Marlowe se leva également et, trahissant un sincère sentiment d’inquiétude paternelle, demanda à Nick ce qui lui était arrivé. Etouffant de colère, celui-ci avait presque du mal à former les mots. « J’ai trouvé sa planque dans les faubourgs, un coup de chance ! J’ai pris les trois hommes qui étaient avec moi, j’y suis allé et j’ai essayé de lui reprendre Christine. Malheureusement il m’a vu arriver et on s’est battus… » Les traits de Nick était maintenant à peine reconnaissables, déformés par la rage. « Ce salopard avait… un pneu ! » finit-il par articuler. « Les autres ne s’en sont pas sortis », conclut-il. Le Sbire vit Marlowe pâlir. « Ah le  »vafanculo » ! Cette fois il est allé trop loin ! Ecoute mon  »filio », va te changer et remettre. Quant à toi… » Marlowe se tourna vers Le Sbire, pointant un index accusateur. « Tu vas immédiatement mobiliser tous les hommes disponibles. Je m’occupe personnellement de t’en faire fournir autant qu’il faudra. Je veux qu’ils quadrillent la ville, aucune pitié, s’ils voient Max qu’ils l’abattent à vue !
- Bien chef ! répondit Le Sbire, un peu soulagé qu’on ne le tienne plus pour responsable de ce fiasco.
- Et gringo…
- Oui chef ?
- N’oublie pas de prévenir tes hommes qu’il a un pneu… »
Le Sbire partit en s’abstenant soigneusement de chercher à comprendre. Maintenant qu’il n’était plus lui-même sous pression, il se retrouva de nouveau tiraillé d’inquiétude pour sa bien-aimée, prise au piège et sans doute torturée en ce moment même par ce Max, un homme à l’évidence fourbe et sans honneur.


Déjà les pires scénarios se bousculaient dans la tête du Sbire…

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